Tri sélectif en entreprise en Algérie: RSE

Tri sélectif en entreprise en Algérie : RSE
Ecrit par revadex

Chaque année, l’Algérie produit plus de 13 millions de tonnes de déchets. Sur ce volume colossal, moins de 10 % sont effectivement valorisés. Le reste ? Décharges sauvages, pollution des sols, des nappes phréatiques, de l’air.

Ce chiffre n’est pas une fatalité. Il est, en grande partie, le résultat d’une absence de méthode structurée au sein des entreprises  qu’il s’agisse d’une PME d’Annaba, d’une usine à Oran ou d’un bureau de services à Alger.

Le tri sélectif en entreprise est au cœur d’un triple défi : réglementaire, environnemental et économique. Et en 2025, avec l’adoption d’une nouvelle loi sur les déchets, ce sujet n’est plus réservé aux grandes multinationales. Il concerne chaque structure, chaque dirigeant, chaque collaborateur.

Voici ce que vous devez savoir, et surtout, comment passer à l’action.

La loi 01-19 : le socle juridique fondateur

Le cadre légal algérien en matière de déchets repose sur la loi n° 01-19 du 12 décembre 2001. Elle fixe les modalités de la gestion, du contrôle et du traitement des déchets, en consacrant trois principes fondamentaux :

– La prévention: réduire les déchets à la source avant tout

– Le tri : organiser la collecte séparée des différents types de déchets

La valorisation : transformer les déchets en ressources économiques

Cette loi impose aux entreprises de ne pas mélanger leurs déchets, de faire appel à des prestataires agréés pour leur collecte, et de conserver des justificatifs de traitement.

Janvier 2025 : une réforme qui change tout

En janvier 2025, le Parlement algérien a adopté une loi modificative majeure de la loi 01-19. Elle introduit trois nouveautés structurantes pour les entreprises :

1. La responsabilité élargie du producteur (REP) : les entreprises deviennent responsables du cycle de vie de leurs déchets, de la production jusqu’à la valorisation finale.

2. Une plateforme numérique nationale : pour l’achat et la vente de matériaux recyclés un signal fort d’institutionnalisation de l’économie circulaire.

3. Des systèmes de collecte sélective obligatoires pour les producteurs et les distributeurs.

Pour les déchets d’emballages spécifiquement, le décret exécutif n° 02-372 oblige tout détenteur à valoriser ses déchets lui-même, à confier cette obligation à un prestataire agréé, ou à adhérer au système public de reprise.

À retenir : En Algérie, le tri sélectif n’est plus un engagement volontaire lié à une politique RSE optionnelle. C’est une obligation juridique dont les contours se resserrent.

  La réalité du terrain : un fossé alarmant entre texte et pratique

Des chiffres qui interpellent

Malgré l’existence d’un cadre légal, la réalité du terrain révèle un écart préoccupant :

55 à 60 % des déchets produits en Algérie finissent dans des décharges sauvages

5 à 10 % seulement des déchets sont recyclés et c’est le secteur informel qui en assume la majorité

– La gestion des déchets coûte 58 milliards de dinars au trésor public chaque année

 Le potentiel économique inexploité

L’autre face de ce constat, c’est le manque à gagner. La valeur marchande des déchets valorisables a atteint 207 milliards de DA en 2023. Si toutes les capacités étaient mobilisées, le bénéfice annuel de la valorisation dépasserait les 150 milliards de DA.

Autrement dit : les déchets que vos entreprises jettent ont une valeur réelle sur le marché. Ne pas les trier, c’est littéralement perdre de l’argent.

 Pourquoi le tri sélectif échoue en entreprise : les 5 erreurs classiques

Qu’il s’agisse d’une PME industrielle ou d’une entreprise de services, les causes d’échec sont presque toujours les mêmes.

Erreur 1 : Lancer la sensibilisation avant l’infrastructure

C’est le piège le plus fréquent. On organise une journée de formation sur les déchets, on affiche des visuels sur l’importance du recyclage, mais il n’y a pas encore de bacs adaptés ni de circuit de collecte en place. Les collaborateurs ont la volonté, mais pas les moyens de l’exercer. Résultat : frustration, abandon rapide.

La règle d’or : infrastructure d’abord, communication ensuite.

Erreur 2 : Ignorer l’audit des flux de déchets

Avant de placer le moindre bac, une entreprise doit savoir quels déchets elle génère : volumes, types, fréquences. Sans cet audit, le dispositif mis en place sera inadapté, trop de bacs pour les emballages, pas assez pour les déchets organiques ou les DEEE.

 Erreur 3 : Aucun référent RSE interne

Le tri sélectif est une démarche vivante. Sans un pilote désigné : responsable RSE, office manager, responsable HSE aucune dynamique ne se maintient au-delà de quelques semaines.

Erreur 4 : Des équipements inadaptés ou mal positionnés

Un bac mal placé, une signalétique illisible, des contenants trop petits : autant d’obstacles qui sabotent les meilleures intentions. L’accessibilité physique au tri est une condition non négociable.

Erreur 5 : L’absence de suivi et d’indicateurs

Sans données (taux de recyclage, réduction du volume résiduel, coût par tonne valorisée), impossible de montrer les progrès, de maintenir la mobilisation des équipes ou de justifier la démarche auprès de la direction.

La bonne méthode : une démarche en 5 étapes

 Étape 1 Réaliser un audit complet des déchets produits

Identifier les flux, les volumes, la part valorisable. C’est la fondation de tout le reste.

 Étape 2 Choisir un prestataire de collecte agréé

En Algérie, la collecte doit être assurée par une entreprise agréée. Le prestataire doit remettre une attestation de collecte et de valorisation, document indispensable en cas de contrôle.

Étape 3  Déployer l’infrastructure physique

Bacs colorés et clairement identifiés, points de tri stratégiquement positionnés (ateliers, salles de pause, open spaces), signalétique harmonisée.

Étape 4  Former et mobiliser les équipes

La formation doit être concrète, courte et répétée. Elle intervient après la mise en place des équipements, jamais avant.

Étape 5 Mesurer, ajuster, communiquer

Définir des indicateurs clés (taux de valorisation, tonnage par flux), suivre les données mensuellement, et communiquer les résultats en interne. La transparence crée l’engagement.

Tri sélectif & RSE : un levier stratégique pour les entreprises algériennes

Au-delà de la conformité légale, intégrer une démarche de gestion des déchets structurée dans une politique RSE offre des avantages concrets :

 Un avantage concurrentiel réel

Les clients, partenaires financiers et donneurs d’ordre notamment internationaux évaluent de plus en plus les pratiques environnementales des entreprises avec lesquelles ils travaillent. Un rapport RSE documenté, avec des indicateurs sur la gestion des déchets, renforce la crédibilité et l’attractivité de l’entreprise.

Un levier d’engagement collaborateur

70 % des salariés souhaitent être davantage impliqués dans la stratégie RSE de leur employeur. Un projet de tri sélectif bien conduit répond directement à cette attente : il est visible, concret, et fédérateur.

Des économies opérationnelles tangibles

Le tri bien organisé réduit les coûts de gestion des déchets résiduels (moins de volume non valorisable), ouvre la voie à des revenus issus de la revente de matériaux triés, et évite les amendes liées à la non-conformité.

Les initiatives qui montrent que c’est possible en Algérie

Le projet CEGITAL à Alger

L’établissement public Cegital a déployé un système de tri à trois flux, déchets organiques (vert), recyclables (jaune), pain (transparent), dans des cités d’Alger, avec un objectif de généralisation à 350 sites.

 La SNGID-2035

La Stratégie Nationale de Gestion Intégrée des Déchets fixe des objectifs clairs à l’horizon 2035 : 30 % des déchets ménagers valorisés, 80 % des déchets dangereux traités, fermeture de 1 300 décharges sauvages.

 L’appui du PNUD

Le Programme des Nations Unies pour le Développement accompagne l’Algérie dans le développement d’un réseau de collecte et de recyclage, avec un focus sur les micros et petites entreprises locales.

 Par où commencer concrètement ?

La question que posent souvent les dirigeants n’est pas “faut-il le faire ?”  ils le savent. C’est “comment structurer la démarche sans y passer des mois ?”

Des outils de pilotage RSE permettent aujourd’hui de centraliser le suivi des engagements environnementaux d’une entreprise : indicateurs déchets, suivi des prestataires, reporting réglementaire. C’est exactement ce que propose Revadex, une solution conçue pour accompagner les entreprises dans la structuration et le suivi de leurs démarches RSE, y compris la gestion des déchets.

L’idée n’est pas de tout révolutionner du jour au lendemain, mais de partir d’une base solide, mesurable et évolutive.


En Algérie, le tri sélectif en entreprise est à un point de bascule.  Les textes existent, la volonté politique est là, le potentiel économique est immense. Ce qui manque encore dans beaucoup d’organisations, c’est une méthode claire et un pilotage rigoureux.

La pollution ne se combat pas avec de bonnes intentions. Elle se combat avec une organisation, des données, et une culture d’entreprise qui fait de la RSE un réflexe, pas un slogan.

Le moment d’agir, c’est maintenant.

meta description: Pollution, déchets non triés, obligations légales ignorées : le tri sélectif en entreprise est un enjeu RSE majeur en Algérie. Découvrez pourquoi ça échoue sans méthode, et comment structurer une démarche efficace.